Histoire des bons métiers de Liège


Introduction

Les bons métiers de Liège ont été des corporations professionnelles, et accessoirement sur le plan local des corps politiques.

La corporation groupe les hommes pratiquant un même métiers ou des métiers apparentés, et vivant dans une aire géographie limitée donnée. Elle soumet ces travailleurs à une réglementation propre, leur imposant des obligations et leur garantissant des droits et avantages exclusifs.

Comme association professionnelle, la corporation est chargée de veiller au respect des privilèges (prérogatives policières), de punir les manquements aux règles corporatives (prérogatives judiciaires), et de participer à l’élaboration des statuts (prérogatives législatives).

Comme corps politique, la corporation intervient plus ou moins largement dans les affaires urbaines.

Histoire

Si l’on il avait déjà pu être fait mention de certaines professions dans les écrits de la fin du XIIIe siècle, aucun de ceux-ci ne faisait encore état de frairies ou de corporations. Il faudra attendre 1297, et une affaire de falsification de monnaie rapportée par Jean d’Outremeuse pour qu’apparaissent enfin les fraternités professionnelles, au nombre de 12, composées de gens de même métier et gouvernées chacune par deux notables. La chose avait certes irrité l’évêque Huges de Châlons, mais une contrepartie de quelques 100 livres de gros avait pesé lourd dans la ratification du fait accomplis.

Ce sont d’autres troubles liés à la perception de la maltôt, qui seront en 1301, à l’origine d’une nouvelle avancée. L’alliance des gouverneurs des métiers et du chapitre permettra d’arracher au Grands la nomination de l’un des deux maîtres de la Cité. Dès 1313, la paix d’Angleur accordera que nul ne pourra être élu au Conseil de la Cité « s’il n’est de mestier ».

La naissance proprement dite des métiers de Liège ne se fera pourtant que le 23 juin 1330, par la Paix de Jeneffe. Ce document que l’on peut réellement considérer comme leur « charte organique » accordera aux métiers d’avoir deux gouverneurs et de mettre par écrit leur frairies et statuts. Après plus de 25 ans de participation au gouvernement de la cité, les métiers liégeois vont enfin devenir des institutions légales.

(…)

Bibliographie

  • Le bon métier des drapiers de l’ancienne cité de Liège,
    Stanislas Bormans, Liège, 1866.
  • Le bon métier des Merciers de la cité de Liège,
    Edouard Poncelet, Liège, 1908.
  • Le bon métier des tanneurs de l’ancienne cité de Liège,
    Stanislas Bormans, Liège, 1863.
  • Les bons métiers de la cité de Liège,
    Edouard Poncelet, Liège, 1900.
  • Chartes confisquées aux bonnes villes du pays de Liège et du comté de Looz après la bataille d’Othée (1408),
    Émile Fairon, Bruxelles, 1937.
  • Chartes et privilèges des bons métiers de la ville, cité, & banlieue de Liège,
    <inconnu>, Liège, 1730. [vol.1, p.303-310].
  • Les corporations ouvrières au moyen-âge,
    Godefroid Kurth, 1893.
  • Naissance et développement des métiers Liégeois aux XIII et XIVième siècle,
    (Bulletin de la société d’art et d’histoire du diocèse de Liège),
    George Hansotte, Liège, 1950.